C'est la question fondamentale et essentielle que tout patient intéressé à la chirurgie réfractive doit se poser.

L'évaluation du candidat repose sur une bonne connaissance du patient et aussi sur une bonne connaissance des techniques utilisées en chirurgie réfractive.

Un examen approfondi de l'oeil et de ses annexes est primordial pour répondre à une telle question. La prescription de lunettes n'étant qu'un des éléments de la réponse. A ce titre, votre optométriste de famille représente assurément la personne qui connaît le mieux vos yeux et qui est le plus en mesure de vous conseiller.

Lors de son questionnaire au patient, l'optométriste devra cerner les éléments suivants:

  • motivation du patient: ses désirs et ses attentes;
  • les habitudes de vie, l'environnement de travail (évaluer les facteurs de risque);
  • la condition de santé oculaire (actuelle et passée);
  • les antécédents oculaires (glaucome, etc.);
  • la condition de santé générale et la médication prise;
  • les chirurgies antérieures subies et les effets secondaires possibles.

Les contre-indications absolues, à toute chirurgie réf ractive sont:

  • être âgé de moins de 18 ans;
  • souffrir d'une maladie systémique active incompatible avec le traitement;
  • souffrir d'une maladie/infection oculaire chronique;
  • avoir des attentes irréalistes;
  • amétropie évolutive;
  • présence d'une pathologie cornéenne (kératocône, pellucide, etc.);
  • le candidat doit présenter une amétropie stable depuis au moins 1 an.


Quelle technique choisir ?

La discussion sur ce point doit faire l'objet d'un consensus entre l'optométriste, l'ophtalmologiste, et le patient. Les techniques comportent chacune des forces et des faiblesses qui doivent être appréciées en regard des particularités individuelles de chacun.

Le nombre grandissant de techniques, les coûts plus abordables de certaines et l'effet du bouche-à-oreille contribuent à rehausser l'intérêt des patients pour une chirurgie réfractive. Une discussion entre le patient et son optométriste de famille permettra de choisir la technique la plus appropriée en tenant compte de tous ces éléments.

De par sa formation professionnelle et de par sa connaissance du patient, l'optométriste demeure un intervenant majeur dans la prise de décision quant à la technique à utiliser pour la chirurgie proposée au patient. Son expertise professionnelle lui permet de cerner les vrais enjeux de la démarche et contribue ainsi à permettre au patient de prendre la décision la plus judicieuse dans les circonstances.

La chirurgie au laser: ce qu'elle n'est pas

Selon de récentes études faites par la firme de sondage Baromètre, près de 90 000 personnes sont actuellement intéressées à recourir à la chirurgie réfractive au Québec. La plupart de ces personnes considèrent cette technique comme miraculeuse. Quelques éléments doivent être replacés dans leur contexte afin de bien comprendre les enjeux de la technologie.

Plusieurs croient que :

1) La chirurgie réfractive permet d'éliminer à jamais les lunettes ou lentilles cornéennes

La chirurgie réfractive est une technique qui donne de très bons résultats lorsque les conditions sont rencontrées : équipement de pointe, chirurgien expérimenté, suivi professionnel, besoins et attentes réalistes. Cependant, la technologie n'est pas un miracle.

  • Elle n'assure pas une garantie absolue de stabilisation de vision dans le temps. Une personne dont les besoins visuels, l'hérédité ou l'environnement contribuent à faire augmenter la myopie ne sera pas à l'abri d'une telle variation de son amétropie même une fois opérée.

  • Un oeil amblyope (paresseux) ne se développera pas davantage s'il est opéré. La chirurgie réfractive corrigera cet oeil, au mieux, comme une lunette ou une lentille cornéenne le corrigerait.

  • Les patients non-presbytes opérés auront besoin de lunettes pour lire au moment de l'apparition de la presbytie. En effet, la chirurgie réfractive n'empêchera pas l'apparition de ce problème de vision et un patient opéré à 30 ans doit s'attendre à devoir reporter des lunettes ou des lentilles cornéennes à l'approche de ses 45 ans.

Pour le patient déjà presbyte, deux options sont offertes. Dans un premier temps, le patient peut décider de faire opérer les deux yeux pour corriger la vision de loin et utiliser des lunettes de lecture en vision de près. Il peut aussi se faire corriger en monovision.

La technique de la monovision implique qu'on laisse un oeil avec une petite myopie pour lui permettre de focaliser au près sans effort et ce, même si la presbytie est présente. En conséquence, le patient voit bien de cet oeil en vision de près, mais légèrement moins clair à distance. De cette façon, on déjoue en quelque sorte la presbytie. Il est courant qu'une adaptation de quelques semaines soit nécessaire pour permettre au patient d'évoluer avec cette nouvelle perception visuelle.

Par un essai en lentilles cornéennes, votre optométriste peut recréer pour vous l'approche par monovision pour faciliter votre décision.

2) Tous les effets secondaires diminuent dans le temps

La plupart des patients subissent peu d'effets secondaires après la chirurgie. Cependant, pour quelques-uns, les effets sont permanents. Par exemple, les halos et les éblouissements sont des effets qui peuvent durer très longtemps. Le patient peut avoir des difficultés à s'y habituer principalement lors de l'exécution de tâches précises comme la conduite automobile la nuit. Les halos sont créés soit par une zone de traitement de la cornée plus petite que la dimension de la pupille, soit par une mauvaise centration lors de l'opération ou par des aberrations de l'optique de l'oeil.

3) À propos de la sécheresse oculaire

Quelques patients se plaignent de sécheresse oculaire suite à la chirurgie réf ra ctive. Dans la plupart des cas l'usage de larmes artificielles permet de réduire l'incidence des symptômes. En quelques semaines, cet effet s'amenuise habituellement bien que quelques cas nécessitent l'usage continu de lubrifiants oculaires.

4) La condition initiale est toujours améliorée

La chirurgie réfractive demeure une chirurgie avec un certain nombre d'effets secondaires et d'inconnus. Pour la très grande majorité des patients, le traitement au laser comblera leurs attentes. Par contre, il faut être conscient que pour toutes sortes de raisons, certaines complications peuvent survenir dans 2 à 3 % des cas opérés.


L'importance du suivi

La chirurgie est une étape incontournable du traitement des amétropies dans un cadre moderne.

Une fois effectuée, la chirurgie trouvera son aboutissement optimal si le suivi de la condition du patient se fait professionnellement et sur une base périodique.

Avec la chute des prix, les forfaits offerts par les cliniques impliquent un nombre de visites minimal pour répondre aux dispositions des Ordres professionnels à cet égard. Pour la plupart des patients, ce nombre minimal de visites peut être satisfaisant.

Cependant, dans de très nombreux cas, il est fortement souhaitable que la condition soit évaluée sur une base rapprochée dans les six premiers mois suivant la chirurgie et trimestriellement par la suite jusqu'à l'anniversaire de la procédure. Après cette première année, une visite de contrôle annuelle est suffisante pour s'assurer du maintien de la condition oculo-visuelle du patient et de sa santé oculaire.

Les optométristes sont une ressource essentielle à considérer dans le suivi des cas opérés de chirurgie réfractive. Ils sont disponibles, accessibles et compétents. Ils peuvent évaluer l'évolution de la guérison, répondre aux questions des patients et s'assurer d'introduire une thérapeutique appropriée au moment voulu.

En bout de ligne, c'est le patient qui est gagnant dans ce type de suivi.

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